Un entrepreneur s'exprime
Bonjour, ceci est mon blog, mis en ligne en novembre 2007 pour réagir à un dossier de UFC Que Choisir qui invitait les consommateurs à exiger de leurs élus la dé-privatisation des services d'eau potable. Je suis entrepreneur, et je ne comprends pas de quel droit l'UFC Que Choisir, qui est statutairement apolitique et indépendante de tout groupe d'intérêt, et qui fait en général bien son travail, dresse un procès de l'économie de marché, et diffuse dans son dossier sur le prix de l'eau des informations fantaisistes pour pousser les communes à dé-privatiser leur service d'eau. Si vous souhaitez réagir, faites le via le formulaire de contact. Merci pour votre visite.
Prix du m3 d'eau
Quand un délégataire privé de service public s'engage pour exploiter un service d'eau, il signe un contrat avec la collectivité ou le syndicat de communes qui détermine le prix de l'eau pour 10 ou 15 ans. Ce prix prend en compte le remboursement des emprunts nécessaires au financement des investissements, le coût de pompage et de traitement et la rémunération du distributeur. A ce prix de l'eau se rajoute 130% de taxes. Vous voulez faire baisser le prix de l'eau ? Il suffit de porter de 10 à 25 ans la durée du contrat ou de faire baisser les taxes et redevances.
Que Choisir et la déontologie
Le dossier établi par Que Choisir évalue à 30, 40 ou 50% la marge dégagée par les distributeurs d'eau sans détailler ses méthodes de calcul. En prenant les chiffres de coût de production de Chambéry, Annecy ou Clermont ferrand, où l'eau est moins chere à produire et traiter, et en ne prenant pas en compte la charge d'amortissement des investissements dans les grandes agglomérations, on doit aboutir à ce résultat. Diffuser cependant ces chiffres fantaisistes à 5 mois des élections municipales au milieu du débat national sur le pouvoir d'achat, est-ce le rôle d'une association de consomateur indépendante des partis politiques et des groupes d'intérêts. Pourquoi prendre ainsi en otage un secteur d'activité à cette période ?
Comment faire baisser le prix du m3 d'eau ?
Vous recherchez tarifs assainissement ? Les sociétés qui exploitent un service d'eau potable garantissent un service de qualité pour un prix connu à l'avance, et 60% du prix concerne des taxes et redevances qui ne sont pas conservées par l'exploitant. illustration :
Ne dites pas de mal des fonctionnaires Trop souvent on oppose salariés du public et du privé. Sur ce site, vous ne trouverez pas de critiques faites aux fonctionnaires. Quel que soit leur secteur d'activité, travailler dans la fonction public est souvent ingrat. Peu de reconnaissance, aucune incitation financière au travail bien fait, pas de rémunération au mérite, des promotions au concours ou à l'ancienneté mais rarement dues au seul mérite, des mutations parfois brutales, des salaires souvent inférieurs au privé (sauf à La Poste, à la RATP ou à la SNCF peut être). S'il faut que la France allège sa fonction publique, ce n'est pas en stigmatisant ses employés mais davantage en les formant mieux, en les rémunérant mieux, et en leur donnant la possibilité de travailler dans le privé, soit en créant leur entreprise, soit par détachement.
Hommes politiques et fonction publique Si la France a un problème avec ses fonctionnaires, c'est la surreprésentation des agents de l'état et des collectivités dans les fonctions électives. Cela présente l'inconvénient majeur d'orienter les politiques publiques sur des fausses bonnes idées, que l'on trouve dans le secteur public mais pas dans le secteur privé. Un exemple ? Penser que l'aide apportée par les services déconcentrés de l'état (DDE, DDI, DDA, etc.) aux collectivités sont utiles car cela ferait faire des économies. Ou penser qu'il vaut mieux occuper des chômeurs dans des emplois aidés dans les services marchands, quitte à destructurer le marché des aides à domicile et sacrifier des dizaine de milliers d'emplois. En fait, quand ces services sont rendus en dessous de leur prix de revient (le salaire des fonctionnaires), cela détruit de la valeur et cela détruit des dizaines de milliers d'emploi que sont tous les professionnels qui pourraient accompagner utilement ces mêmes collectivités. Il vaudrait mieux augmenter les dotations aux collectivités, et les laisser mettre els services de l'état en concurrence avec les acteurs privés. Si nos gouvernants étaient moins marqués par la sphère publique, voire si des règles de parité imposaient, pour chaque ministre fonctionnaire, un ministre issu du privé, peut-être que le bon sens et le mieux d'état se mettraient plus facilement en place. Pas facile de renier sa mère nourricière !
Vous parlez d'eau potable, et si on parlait délectricité ? Notre électricien national dispose, comme Hydro-Quebec, d'une structure de coût de sa production d'électricité peu sensible à l'augmentation du prix du gaz et du pétrole. Néammoins, le Kwh est vendu en France en moyenne 11 ct (contre 6 ct au Québec), et les tarifs entreprise ont bondi de 48% en 2006 en France. Ce n'est pas la faute d'EDF.. Les experts prévoient que l'ouverture du marché de l'électricité à la concurrence va se traduire pas une hausse du prix du kwh, à cause des mécanismes de régulation des prix, qui pour mettre les électriciens sur un pieds d'égalité, vont imposer au consommateur de payer son KWH comme s'il était produit avec du charbon, du gaz et du pétrole. Au demeurant, cette régulation du marché de l'électricité va conduire des groupes français à mettre en service des centrales au charbon - vous avez bien lu. Bref, l'électricité va encore augmenter à cause de la concurrence, et les marges d'EDF vont exploser. Ce serait bien que l'UFC Que Choisir s'inquiète de ses bénéfices faramineux, à moins que le statut semi-public d'EDF le mette à l'abris des critiques. Faire des bénéfices, quand on est un exploitant public, c'est moins grave ?
Comment détruire de la valeur ? J'ai connu autrefois des régies municipales de distribution d'eau. Je travaillais à l'époque dans une société privée. Ces régies municipales consacraient une part prépondérante de leurs recettes à des charges de personnel, et avaient peu investi dans leurs usines et stations d'épuration, et dans le matériel des équipes. Et ces régies, fautes de contrats avec les collectivités, n'avaient pu obtenir les nécessaires augmentation du prix du m3 qui leur auraient permis d'investir dans des capacités de traitement modernes. Ne vous y trompez pas, quand l'exploitant veut faire le ravalement d'un chateau d'eau, il s'agit du ravalement intérieur pour protéger l'ouvrage de la corrosion et garantir un service de qualité, mais les élus demandent le ravalement extérieur, qui se voit des habitants. Donc faute d'un prix de l'eau normal, il n'y a pas eu les investissements suffisants, le service de ces régies s'est dégradé et il a fallu faire appel au privé et augmenter substantiellement le prix du m3 pour financer le retard d'investissements. Vous voulez détruire de la valeur et augmenter le coût pour tous les usagers ? C'est facile, il suffit de vendre à perte pendant 20 ans.
Quelques information complémentaires pour tarifs assainissement:
L'eau potable, c'est comme les autoroutes Quand vous prenez l'autoroute et que vous payez pour un véhicule de 4 roues et une tonne le tiers de ce que paye un poids lourd de 8 ou 10 roues et 20 ou 38 tonnes, vous vous dites certainement que ce sont les particuliers qui financent les infrastructures de transport routier. Vous avez raison. On appelle cela la péréquation tarifaire. Dans le domaine de l'eau potable, le schéma est différent. Pour simplifier, ce sont les effluents agricoles (lisiers) et les traitements des cultures (dont le lisier) qui constituent la première aggression des nappes phréatiques (pesticides, nitrates, posphates, etc.) et qu'on retrouve dans l'eau brute qu'il faut traiter. Et le coût du traitement est supporté par les consommateurs sachant que la qualité des nappes se dégrade chaque année un peu plus, et que les normes de potabilité sont de plus en plus exigeantes. Si l'agriculture supportait le prix de ces traitements, de nombreuses exploitations ne seraient pas rentables.
D'où vient l'eau des villes ? A de rares exceptions près, les grandes villes s'approvisionnent en eau dans le lit des fleuves ou des rivières. Les captages profonds dans des nappes phréatiques, ou les sources, ne constituent qu'un complément de ressources en eau. Si on ne se baigne pas dans la Loire ni dans la Seine, c'est que l'eau y est impropre à la consommation, en général du fait d'effluents agricoles ou industriels (grâce aux efforts accomplis dans l'assainissement des villes depuis 30 ans, les pollutions dues aux eaux usées y ont fortement diminué). Il est donc nécessaire de traiter cette eau, par des procédés coûteux et complexes quand ils portent sur des volumes d'eau importants.
Dernières pages disponibles sur ce theme.